16 mars 2013

My Mad Fat Diary, la série "so British" qui décomplexe

Voici la dernière perle en date pour laquelle j'ai complètement craqué et que j'ai dévoré en un temps record : My Mad Fat Diary, adaptation du livre de la véritable Rae Earl, intitulé My Mad, Fat Teenage Diary.

Résumé :
1996, Rachel "Rae" Earl vient de quitter l'hôpital psychiatrique du Lincolnshire où elle a passé quatre mois après s’être auto-mutilée. La série suit donc son retour à une vie « normale » alors qu’elle renoue avec sa meilleure amie Chloé et tente de se faire une place au sein du groupe d'amis de cette dernière. Au travers de la rédaction de son journal intime, nous la suivons alors qu’elle essaie tant bien que mal de gérer d’une part ses problèmes de santé mentale mais aussi d’autres problèmes inhérents à toute adolescente de son âge : l’acceptation de son image corporelle, se faire des amis, les garçons, l’amour, le premier baiser, le sexe...

Le pitch n'a là rien de bien révolutionnaire, mais il y a deux éléments qui viennent faire toute la différence et en font par conséquent une série à suivre : d'une part c'est une série anglaise, séries réputées pour être toujours plus crues et plus proches de la réalité que bon nombre de productions américaines dans lesquelles on a beaucoup de difficulté à se reconnaître, et d'autre part Rachel, l'héroïne principale est - disons les choses franchement - une jeune adolescente de 16 ans obèse mal dans sa peau. Rae est à cette période de l'adolescence où tout va de travers (la difficulté de trouver sa place dans la société, être le sujet de moquerie de ses camarades à cause de son poids, les problèmes de communication avec sa mère, les disputes entre amis, s'accepter telle qu'elle est, le premier chagrin d'amour, etc), mais elle parviendra tout de même à trouver un certain équilibre (et même l'amour) à la fin de la série. Et le meilleur dans tout ça, c'est qu'on y croit. 

Si le roman avait été adapté version USA, pas sûr que la pilule soit aussi bien passée (on avait déjà eu un aperçu avec le remake américain de Skins, rebaptisé Skins US, et qui avait été annulé après une saison faute d'audience). Parce que soyons honnêtes, le beau garçon qui tombe amoureux de la jeune fille potelée à la Hairspray (comédie dans laquelle la coqueluche des ados Zac Efron s'éprend de la pétillante Nikki Blonsky) ça sonne tout de suite un poil plus kitch et surréaliste. La première saison ne contient que 6 épisodes, et autant dire qu'on les savoure. Comme dans Skins, tous les tabous sont brisés. En effet, des sujets sensibles comme la santé mentale ou la difficulté d’aimer son corps sont traités de façon très juste et touchante, mais toujours avec une pointe d'humour. Par exemple, la façon dont Rae fantasme sur les hommes qui l'entourent en s'imaginant des scénarios complètement loufoques est absolument hilarante, et tragiquement proche de la réalité, car avouons-le 80% de la population féminine se fait ce genre de films (osez me dire le contraire). Le fait que Rae tente de se reconstruire après sa tentative de suicide peut rebuter au premier abord, certes avoir une héroïne obèse ce n'est pas très "sexy", et pourtant c'est une réalité dont il faut parler, car malheureusement de plus en plus répandue. La série avait une chance sur deux de faire un carton ou de se ramasser complètement, preuve en est avec la série américaine Huge qui, malgré de bonnes critiques, a été annulée au bout de 10 épisodes.

Au niveau du casting, comme souvent dans une production anglaise, la qualité est au rendez-vous. Contrairement à de nombreuses séries pour ados où l'on a l'impression d'assister un défilé de beautiful people parfaitement make-upés quelle que soit l'heure (pour n'en citer que quelques-unes : Gossip Girl, 90210: Nouvelle Génération, Pretty Little Liars, j'en passe et des meilleures), Rachel est l'exemple incarnée de la "girl next door", à savoir une fille comme les autres, une fille qui nous ressemble. De quoi nous décomplexer de cette image de pin-up sans défaut que nous renvoie la télévision américaine, et pas seulement à cause de l'apparence de l'héroïne, mais parce qu'au final elle est comme nous. J'ai lu pas mal d'avis d'internautes, de filles principalement, et beaucoup d'entre elles pointaient le fait que la grande force du show était d'avoir une héroïne à qui on peut vraiment s'identifier, et à laquelle elles pouvaient associer leur propre vécu/expérience personnelle. Que demander de plus qu'une série qui nous aide à nous sentir mieux? Pour se procurer en intégral l'excellente bande originale de la série, le site officiel d'E4 a mis en place une playlist des chansons par épisode, disponible sur Spotify. Voilà, j'espère vous avoir convaincu que MMFD est une série qui vaut vraiment la peine d'être vue, une série qui vous fera rire, pleurer, et surtout qui vous parlera. Son succès est tel qu'E4 a annoncé une deuxième saison de 6 épisodes. En attendant, pour vous fournir le livre c’est par ici, et le DVD de la saison 1 c’est par .

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